La question du progrès en Mathématiques et en Physique
Colloque co-organisé par trois laboratoires nancéiens: le laboratoire des Archives
Henri Poincaré (Philosophie et histoire des sciences), le laboratoire de
Physique de Matériaux et l'Institut Elie Cartan (mathématiques)
Le colloque aura lieu l'après-midi du mercredi 6 et la journée du jeudi 7 février 2008
dans l'Amphi 8 de la faculté des Sciences.
Il s'adresse aux étudiants en master ou doctorat et aux chercheurs en mathématiques,
physique, philosophie,...
L'objectif est d'envisager la question du progrès en mathématiques et physique sous les
angles historique et philosophique. Y-a-t-il eu une ou des évolutions en mathématiques et en
physique ? Peut-on aller jusqu'à parler de révolutions ? Certains le nient, en particulier en
mathématiques : plus cela change et plus c'est la même chose ! Si parler de progrès a un
sens , comment le mesurer ? Quelle est la valeur d'un travail effectué en mathématiques ou
en physique ? Le progrès prend-t-il source lors de l'expérience en physique ou dans la théorie ?
Y-a-t-il des expériences cruciales ?
Programme
Mercredi 6 Février
14h- 15h30 : Marion Vorms (Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques) Buts et moteurs du progrès scientifique
Un des domaines dans lesquels, traditionnellement, l'idée de progrès semble la plus incontestable est le domaine
scientifique. De ce point de vue, le but vers lequel tend l'entreprise scientifique et qui permet d'en évaluer le
progrès consiste à donner une représentation "vraie" du monde, capable d'expliquer correctement le plus grand
nombre de phénomènes. Cependant, une telle conception des buts de la science pose un grand nombre de
problèmes. Quels sont, par conséquent, les buts à l'aune desquels évaluer le progrès scientifique ?
Quel est, en outre, le moteur du progrès scientifique : le progrès scientifique est-il toujours affaire de
données empiriques nouvelles ?
15h30-17h : Henri Lombardi (Université de Franche-Comté) Les mathématiques constructives aujourd'hui
Depuis la parution du livre de Bishop "Foundations of constructive analysis" en 1967
une nouvelle manière d'aborder les mathématiques constructives
dans leur rapport aux mathématiques cantoriennes abstraites s'est développée.
Alors que dans la polémique Brouwer/Hilbert, il semblait y avoir
deux points de vue difficilement conciliables, les nouvelles méthodes constructives
réalisent en quelque sorte le "programme de Hilbert":
expliquer avec des arguments simples pourquoi les mathématiques cantoriennes
ne nous trompent pas, ou en tout cas pas de manière décisive.
Ceci montre que le théorème d'incomplétude de Gödel, contrairement à une opinion répandue,
n'a pas tué le programme de Hilbert. Simplement, les méthodes finitistes
sous la forme exigée par Hilbert ne pouvant fonctionner, elles sont aujoud'hui remplacées
par les méthodes constructives.
Les mathématiques constructives ont pour but de donner un fondement complètement algorithmique
aux mathématiques. En cela elles s'incrivent complètement dans la tradition de Gauss et Kronecker.
Elles ont aussi l'ambition de s'attaquer à tous les aspects des mathématiques d'aujourd'hui.
Ceci répond à la question de la signification (de la sémantique) de manière fondamentale,
contrairement à ce que proposait le formalisme bourbakiste qui ne prenait en compte que la syntaxe
(ne nous occupons pas de la question du sens, elle est trop difficile).
17h30-19h00 : Christian Houzel Les progrès en mathématiques au XXème siècle
On a souvent annoncé la fin de la recherche mathématique. Au contraire, Hilbert a formulé,
au Congrès de 1900, 23 problèmes ouverts pour montrer la vitalité de cette discipline. On
explicitera quelques exemples de développements mathématiques au XXe siècle liés à ces problèmes
ainsi que quelques exemples de recherches que Hilbert n'avait pas prévues.
Jeudi 7 Février
9h00-10h30 : Georges Lochak (Institut de Broglie, Paris) L'avenir de la mécanique quantique. Vers plus de complexité et de généralité? Vers plus de simplicité et de spécificité? Ou ailleurs?
Pour illustrer le point de vue général, historique et philosophique, du colloque, l'auteur se tournera vers le point de vue technique
de la mécanique quantique (presque sans calculs) et vers l'avenir. Autrement dit, au lieu de se livrer à une analyse des points
faibles et des problèmes innovants qui donnèrent naissance, dans le passé, à des théories nouvelles, il tentera de se livrer
au même exercice sur l'état actuel de la théorie quantique en cherchant de nouveaux problèmes et de nouvelles orientations possibles.
10h30-11h00 : Pause Café
11h00-12h30 : Alexis de Saint-Ours (Laboratoire Pensée des Sciences, Université Paris 8) Progrès et surrationalisme chez Gaston Bachelard
Tout au long de son œuvre, Bachelard a insisté sur la nécessité d'appréhender la science dans son progrès créateur
et sur l'importance de penser une rationalité scientifique fluide et ouverte. Nous examinerons tout particulièrement la
faculté des mathématiques et de la physique à digérer leur propre critique et leur insuffisance, à intégrer en leur sein,
ce qui, à un moment donné de leur histoire, leur échappait totalement. Enfin, nous terminerons cette présentation
par l'énoncé d'une conjecture surrationaliste sur le statut du temps en physique et en particulier au sein des tentatives
d'unification de la mécanique quantique et de la relativité générale.
14h00-15h30 : Catherine Goldstein
(Institut de mathématiques de Jussieu, UMR 7586) Comment innovation et changement sont-ils liés : le cas du théorème de Fermat
Les progrès en mathématiques sont souvent
décrits comme cumulatifs : des cas particuliers sont démontrés (et le
restent), puis des cas plus généraux, l'invention conceptuelle rythmant
cette accumulation sans la remettre en cause. L'exposé prendra comme
cas d'étude un des résultats les plus célèbres de l'histoire des
mathématiques, le Grand Théorème de Fermat et à partir d'un examen plus
détaillé de quelques moments-clés, se propose de mettre en évidence les
différences entre innovation, changement, progrès, et leurs relations.
15h30-16h00 : Pause Café
16h00-17h30 : Table ronde animée par Philippe Nabonnand et Scott Walter(Archives Henri Poincaré, Nancy 2)
Inscription
Pour faciliter l'organisation, merci de vous inscrire :
Comité d'organisation :
Cathy Dufour, Philippe Lombard, François Chargois, Christophe Chatelain, Thierry Gourieux, Dragi Karevski,
Bruno Blind
Support financier :
Société Francaise de Physique, IREM, Institut Elie Cartan, Departement de
Physique, Ecole doctorale EMMA, Région Lorraine